Machiniste: un métier méconnu, mais en demande !

Publié le 2 mars 2016

Nathalie Cyr, conseillère en information scolaire, et Bernard Caron, responsable du programme technique d'usinage.

©TC Media-Élaine Nicol

FORMATION. Même si le métier de machiniste est en pénurie au Québec, les étudiants ne se bousculent pas aux portes du Centre d'études professionnelles (CEP) de Saint-Jérôme pour s'inscrire au programme technique d'usinage.

«On veut des élèves !» lance Nathalie Cyr, conseillère en information scolaire au CEP. Mme Cyr a des arguments de poids pour convaincre les personnes à la recherche d'un nouvel emploi.
«C'est une formation qui débouche sur pratiquement tous les secteurs. Tant qu'on vivra dans un monde de consommation, le machiniste va avoir sa place. Le taux de placement est de 95%, c'est très bon. », affirme-t-elle, ajoutant que le salaire moyen tourne autour de 47 000 $ par année.
Selon Jobboom, la technique d'usinage fait partie des formations professionnelles gagnantes en 2016. «Les possibilités d'emploi sont nombreuses dans pratiquement toutes les régions du Québec», note le site de référence en matière de recherche d'emplois.
Le métier reste toutefois peu connu, observe Mme Cyr. «C'est un métier qui est caché. Si tu ne connais pas quelqu'un qui pratique cette profession, tu ne connais pas ce métier. Notre but est de le faire connaître parce qu'il est tellement en pénurie. Il y a un manque d'employés».


Une logique mathématique
À la fin de leur formation d'environ 1 800 heures (26 cours), les élèves deviendront machinistes, opérateur de machinerie d'usinage et régleur-conducteur de machines-outils. «C'est un métier manuel, mais les candidats doivent avant tout avoir une logique mathématique et être minutieux», souligne la conseillère.
Les finissants se feront engager par des entreprises évoluant dans plusieurs industries (aéronautique, aérospatiale, armement, navale, agricole et manufacturière, entre autres). 
«Les entreprises m'appellent pour savoir s'il y a des stagiaires», raconte l'enseignant Bernard Caron.
À l'occasion, il a des nouvelles de ses anciens élèves. Récemment, il a appris qu'un des diplômés du programme a été engagé par une entreprise au salaire de 26$ de l'heure.

Format individualisé
La plupart des personnes qui s'inscrivent au programme ont entre 20 et 30 ans et en sont à un deuxième choix de carrière.
«Les gens qui visaient le Cégep en génie mécanique, venez explorer technique d'usinage, il y a quelque chose pour vous», affirme Nathalie Cyr.
Actuellement, les 35 étudiants inscrits peuvent suivre leur cours à leur rythme et souvent terminer le programme plus rapidement que prévu.
«Le format individualisé est très intéressant pour une personne autonome», observe Yves Dagenais, directeur adjoint au CEP.  
Les intéressés peuvent venir explorer ce métier le 16 mars prochain en après-midi. Notons que des séances exploratrices uniquement réservées aux filles ont également lieu.

Qualités requises
Souci du travail bien fait
Dextérité manuelle
Rapidité et précision d'exécution
Autonomie
Minutie
Esprit logique
Méthodique et analytique
Bonne perception spatiale
Discernement et ingéniosité
Capacité d'attention et de concentration