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Trois policiers suspendus

Service de police de la Ville de Mirabel


Publié le 18 avril 2017

Trois policiers du Service de police de la Ville de Mirabel ont été suspendus.

©TC Media - archives

DÉONTOLOGIE. Trois policiers du Service de police de la Ville de Mirabel ont été réprimandés par le Comité de déontologie policière pour avoir mené une enquête incomplète et inscrit des informations erronées dans leur rapport.

Ces manquements ont permis à un jeune conducteur ivre et conduisant dangereusement de s'en sortir sans accusation, bien qu'il ait tenté de prendre la fuite à la suite d'un accident.

Le soir du 2 novembre 2012, les agents Mathieu Binette et Nicolas Desjardins ont croisé une automobile qui roulait rapidement dans un quartier résidentiel alors qu'ils reconduisaient une personne en état d'ébriété. «Le conducteur freine abruptement, ce qui fait dire à l'agent Binette, dans son témoignage, que le devant de l'automobile a piqué du nez. Il a le temps de constater la présence de quatre personnes à bord», pouvait-on lire dans la décision du Comité de déontologie policière rendue le 30 mars.

Quelques instants plus tard, le jeune automobiliste a manqué un arrêt obligatoire et s'est écrasé sur un arbre donnant près de la fenêtre de la chambre d'un bébé de six mois. «Apercevant les gens alertés par le bruit fracassant de l'accident, le conducteur demande de ne pas appeler la police et s'empresse de quêter une cigarette», était-il écrit dans le rapport. Les résidents de la maison ont indiqué que le conducteur dégageait une odeur de boisson. «Il pue l'alcool et sa démarche est celle d'un homme saoul», selon la décision.
Après avoir fait un appel sur son cellulaire, le conducteur s'est éloigné des lieux de l'accident et a grimpé à bord d'un autre véhicule, mais a été rapidement intercepté par un policier. Le témoignage d'un ambulancier ayant soigné le conducteur, appuyé de son rapport écrit le soir même, établit les faits suivants; le blessé est agité, sur la défensive, dégage des odeurs d'alcool et de drogue.

Vigilance des résidents

Les policiers ont «agi de la pire des façons», a fait savoir le commissaire. Les policiers n'ont identifié aucun témoin dans le rapport, n'ont pris aucune photo de la scène, n'ont pas saisi la voiture et n'ont consigné aucun interrogatoire avec le suspect. Aussi, les agents ont «inscrit deux faussetés majeures dans la représentation des faits», notamment en ne déclarant pas le délit de fuite.

Le Comité possède une vue complète des faits survenus ce soir-là parce que les citoyens ont pris des notes, des photos et qu'ils se sont plaints, obligeant la tenue d'une enquête par le Commissaire.

Sanctions

Toujours selon la décision du Comité, «une enquête complète, en commençant par la prise de déclarations des témoins, aurait empêché les policiers de taire la présence d'alcool chez le conducteur, le délit de fuite commis par celui-ci et la dangerosité des lieux augmentée par la vitesse excessive constituant fort possiblement une conduite dangereuse au sens du Code criminel.»

Les policiers Mathieu Binette et Nicolas Desjardins ont écopé de 25 jours de suspension alors que l'agente Marie-Marthe Casséus a reçu une suspension de 30 jours en raison de sa position d'autorité.

Le Comité croit que l'attitude des policiers en minimisant, sinon en éliminant l'enquête, est source pour l'avenir d'un laisser-aller qui met en danger la sécurité publique.