«Des coupes qui nuisent au développement des enfants»

-Mamans d'enfants autistes

France Poirier france.poirier@tc.tc
Publié le 10 janvier 2017

Mélissa Garceau et Christine Beauchamp.

©TC Media – Élaine Nicol

CRI DU COEUR. Christine Beauchamp de Saint-Jérôme est maman de quatre garçons âgés entre 3 mois et 5 ans. Son fils de 4 ans Mathis est autiste typique non verbal. Accompagnée de Mélissa Garceau, qui vit la même situation avec son fils autiste, elles nous parlent des conséquences des coupes de services.

«Dès ses premiers mois de vie, j'ai su que Mathis était différent. Plus les mois passaient et plus je me doutais qu'il était autiste. Il venait d'avoir 2 ans quand nous avons décidé de consulter notre pédiatre qui nous a inscrits sur la liste d'attente de notre CISSS et qui nous a annoncé du même coup que ce serait long», explique Christine Beauchamp.

En effet, il aura fallu entre 1 et 2 ans avant d'obtenir un diagnostic, puis une autre année, même plus dans certains cas pour obtenir des services ICI (intervention comportementale intensive) à raison de 20 heures par semaine. «Toutes ses attentes font que l'enfant est en âge d'entrer à l'école et n'a pas obtenu les services adéquats pour faciliter son intégration», ajoute Mme Beauchamp.

Comme elle l'explique, les services ICI ne sont pas nécessairement adaptés à tous les enfants autistes, mais pour plusieurs, dont mon fils, ça contribue grandement à son développement», ajoute la maman. Malheureusement, le petit Mathis perdra ce service en mai prochain à cause des coupes.

Situation tout aussi difficile

Pour Mélissa Garceau, la situation est tout aussi difficile, puisque son petit Antonio, qui a maintenant 3 ans, a déjà subi la coupe des services ICI. «Le CRDI des Laurentides offre des services ICI à plus d'enfants pour diminuer les listes d'attente, mais passe à côté des besoins réels des enfants. Une stimulation précoce détermine l'avenir et permet d'avancer. ICI est une intervention de 20 heures par semaine à la base, mais à cause des coupes, après neuf mois de services, le service sera offert 8 heures par semaine puis après 9 mois ce sera 4 heures», expliquent les deux mamans.

Elles soulignent que même si les spécialistes soutiennent que l'enfant a besoin de ses services, ce sont les gestionnaires qui décident. Elles ajoutent qu'il est prouvé que 65 % des enfants qui ont le service ICI comme il doit être offert, à raison de 20 heures par semaines, ceux-ci peuvent intégrer l'école régulière.

Lettre au premier ministre

Les deux femmes ont épuisé toutes leurs ressources pour faire entendre leur point, mais en vain. Christine Beauchamp a même écrit au premier ministre. «Tout ce que j'ai reçu est un accusé de réception. Une plainte a été faite à la commissaire aux plaintes du CISSS des Laurentides qui n'a pas fait de recommandation. Mélissa Garceau a créé une page Facebook  Autisme 365 pour échanger avec d'autres parents qui vivent les mêmes situations.